Passage en revue des qualités d’un maître spirituel
Un gourou est un grand maître, un grand maître ou mentor spirituel, quelqu’un qui est non seulement capable d’enseigner la connaissance des textes mais qui est aussi capable de nous enseigner par son propre exemple, qu’il soit un homme ou une femme. Exemple vivant de ce que le Bouddha a enseigné, un gourou est quelqu’un qui possède un amour et une compassion sincères. Cela promeut la capacité des disciples et de tout le monde à être heureux, à éviter d’être malheureux, à se débarrasser de leurs souffrances, etc. Un gourou est quelqu’un de totalement motivé par le seul souhait d’aider les autres. C’est un point très essentiel. C’est quelqu’un qui n’est pas intéressé par l’exploitation des étudiants pour de l’argent, de la célébrité, du sexe, de l’amour, de l’attention, ou tout autre raison. C’est quelqu’un dont le comportement est éthique, bien qu’il ne soit pas nécessairement moine ou nonne, et qui a une bonne concentration et une bonne compréhension des enseignements, en particulier du vide (de la vacuité). En conséquence de cette bonne compréhension du vide, le gourou doit avoir un fardeau minimum d’émotions perturbatrices, puisqu’il est difficile d’imaginer quelqu’un qui n’en aurait aucune. Il doit aussi avoir un certain niveau d’aptitude à enseigner, à expliquer clairement les choses avec patience et enthousiasme, et à ne pas être découragé par les étudiants plus lents, ayant besoin qu’on leur répète les choses tout le temps.
Tous les textes disent que cela va être très difficile de trouver quelqu’un qui possède toutes les qualifications. La chose principale est de trouver quelqu’un qui a la somme maximum de qualifications. Nous n’allons pas trouver quelqu’un d’absolument parfait, nous devons donc être réalistes. Il est de la plus haute importance que le maître soit honnête au sujet de ses bonnes qualités et défauts et ne prétende pas avoir des qualités qu’il n’a pas ou de cacher les défauts qu’il a. La même chose vaut pour les étudiants. Nul besoin d’entrer dans des détails personnels intimes à propos de leur vie ; là n’est pas la question. La question est d’être ouvert en ce qui concerne son propre caractère.
On constate cela avec Sa Sainteté le Dalaï-Lama. Sa Sainteté expliquera des choses très ardues avec de prodigieux détails. Toutefois, quand il tombe sur un mot ou un passage dans un texte qu’il ne comprend pas, il dit très clairement : « Je ne comprends pas ce que cela veut dire. Ce n’est pas clair. » Puis, il s’adresse aux grands maîtres autour de lui quand il enseigne : « Que pensez-vous que cela signifie ? » Quelquefois quelqu’un peut vraiment répondre à la question et Sa Sainteté débattra avec lui en questionnant ce que la personne qui répond dit. Sa Sainteté est toujours prête à apprendre ; il admet toujours quand il ne comprend pas quelque chose. Il est, et tout le monde est d’accord sur ce point, le plus érudit et le plus avancé de tous les Tibétains. C’est clair.
Du fait que Sa Sainteté admette que, dans ce texte difficile et compliqué, il y ait deux passages qu’il ne comprend pas, nous – moi et ceux à qui j’ai parlé – sommes confiants qu’il comprend, en fait, tout le reste. Personne ne comprend probablement ces deux passages. Ce pourrait être une erreur dans le texte. Un faute se produit souvent à cause d’une erreur de copie faite il y a des siècles quand tout était écrit à la main, ou quand la traduction tibétaine du sanskrit est incorrecte. Nous ne devrions pas croire que tous les textes sont absolument précis et corrects. Si nous vérifions avec le texte sanskrit, on peut encore trouver des fautes qui peuvent venir soit d’un défaut du traducteur ou de l’usage d’un manuscrit différent. Il n’existait pas de versions standards de ces textes en sanskrit. Serkong Rimpotché avait coutume d’insister : « Interrogez toujours ce qui ne fait pas sens. Ne vous contentez pas de l’accepter ; enquêtez. » Même si c’est dans les écritures, ce n’est pas saint. Ne pensez pas que ce sont simplement de saints mots, et que nous ne devons pas enquêter plus profondément. Ils peuvent contenir des erreurs.
Donc, quand on parle de gourou-yoga, « yoga » veut dire nous mettre sous le joug ou nous joindre à la chose authentique, c’est-à-dire aux qualités de la nature-de-bouddha du maître. Nous ne nous mettons pas sous le joug des défauts du maître. Si le maître n’est pas très bien qualifié, mais que la personne a plus de qualités que de défauts, nous pouvons tirer une grande quantité d’inspiration et d’aide en nous joignant à ces bonnes qualités. « Se joindre à » signifie tirer inspiration et force à partir d’elles, afin de nous pousser à réaliser ces qualités nous-mêmes sur la base des qualités de la nature-de-bouddha chez le gourou et les qualités de la nature-se-bouddha en nous. Telle est l’essence du gourou-yoga.
Si nous voyons que nous pouvons obtenir de l’inspiration des bonnes qualités du maître, nous pouvons alors aussi comprendre comment nous pouvons considérer tout le monde comme notre maître. Nous pouvons apprendre de tout le monde, y compris du chien. Le chien, peu importe combien nous lui crions dessus pour avoir mis du désordre ou avoir fait ceci ou cela, et peu importe combien sévèrement nous le dressons, le chien demeure loyal et nous aime. Nous pouvons donc tirer de l’inspiration d’un chien comme étant notre maître. Même si nous avons appris de quelqu’un à ne pas agir comme lui, nous avons appris de lui à ne pas commettre la même erreur. En vérité, cela revêt beaucoup de sens, et il est plutôt profond de considérer tout le monde comme notre maître. Pareillement, nous ne devrions pas faire cela avec n’importe qui. Il n’y a aucun bénéfice à en tirer à moins que nous essayions de l’aider à se corriger et à surmonter ses défauts, mais alors notre motivation doit être correcte et altruiste.
Je répète et insiste sur ce point car beaucoup d’entre nous n’ont pas le maître idéal, lequel pourrait nous inspirer réellement très profondément. Nous avons certes d’autres maîtres, et nous pouvons toujours faire le gourou-yoga avec eux, et non seulement avec la figure fondatrice de notre lignée. C’est aussi une façon très standard et très utile d’aborder la pratique, que ce soit Tsongkhapa, Gourou Rimpotché, Drigungpa Jigten Gonpo, peu importe le figure fondatrice. Si nous faisons la pratique avec le fondateur, nous devons toujours connaître quelque chose de la biographie de cette figure. Sans quoi, la figure n’est pas réellement dotée de sens ou inspirante en tant qu’exemple. Cependant, avec nos « rien-moins-que-prodigieusement-inspirants » maîtres, je pense malgré tout que nous pouvons certainement leur appliquer le gourou-yoga et tirer d’eux un certain niveau d’inspiration, car nous avons dû, pour le moins, avoir appris quelque chose d’eux. Si nous n’apprenons rien de lui, pourquoi irions-nous vers le maître ? Siplement parce qu’il s’est trouvé à notre centre du Dharma et que d’autres gens s’y rendent n’est pas une raison suffisante si nous n’apprenons rien du maître. Je pense que Sakya Pandita a dit : « Nous ne devrions pas être comme un chien – quand tous les autres chiens aboient, il se met à aboyer aussi. »
Reconnaître les défauts du maître
Nous avons commencé la discussion de la pratique du gourou-yoga, ou méditation sur le gourou, et j’ai mentionné qu’il y avait un niveau soutra et un niveau tantra à cette pratique. Le niveau tantra ajoute juste quelques éléments de plus au niveau soutra. Ce n’est pas que le niveau tantra soit une alternative au niveau soutra, c’est juste qu’il y ajoute quelque chose. Le niveau soutra aide à installer un sentiment correct, une attitude appropriée de l’esprit, et ensuite le niveau tantra ajoute simplement des détails graphiques et d’autres choses qui aident à obtenir de l’inspiration. Le niveau tantra ajoute aussi le fait que nous imaginons recevoir à nouveau l’initiation du maître spirituel. Cependant, sans la base du sentiment et de l’attitude correcte, laquelle est établie grâce à la méditation soutra, tout l’affaire devient, dirons-nous, des visualisations de distraction ; il y a très peu de contenu dedans. Cela dégénère simplement en visualisations distrayantes s’il n’y a pas de contenu émotionnel ou de sentiment derrière. S’il n’y a pas derrière génération de l’attitude correcte envers le maître, nous pourrions aussi bien visualiser Mickey Mouse !
Nous parlons maintenant du niveau soutra de la pratique. Nous avons commencé par la pratique en sept branches pour accumuler une certaine force positive. Il n’est pas besoin de répéter cette description – prosternations, offrandes, etc. Puis, à la suite de ça, nous nous sommes souvenus des avantages de se concentrer sur les bonnes qualités du gourou et sur les inconvénients de demeurer fixés sur ses fautes. L’étape suivante est tirée du texte sur le lam-rim du Cinquième Dalaï-Lama. Dans ce texte, il dit que nous devons faire remonter à l’esprit ou nous rappeler les défauts du maître, et chasser de notre esprit toutes inexactitudes qui pourraient s’y trouver, lesquelles pourraient n’être que nos simples projections.
Ces défauts ne doivent pas concerner le fait que parfois la personne se mette en colère, ou soit impatiente, ou réprimande les autres, dans la mesure où cela pourrait ne pas être véritablement un défaut. Mon maître me réprimandait tout le temps. Il le faisait de manière très compatissante pour m’aider, et c’était très approprié, mais il pourrait y avoir d’autres aspects du maître qui pourraient apparaître comme de gros défauts. « Le maître ne peut pas réellement m’enseigner ce sujet particulier que j’aimerais étudier et apprendre », par exemple. Ça peut être aussi quelque chose comme : « Mon maître n’a pas beaucoup de temps pour moi. Mon maître voyage tout le temps. Mon maître est très occupé par d’autres étudiants. » Il se pourrait que ce ne soit pas un défaut en ce qui concerne ses qualifications, mais c’est quelque chose qui nous rend insatisfaits. Un autre défaut peut être de ne pas connaître notre langue. C’est un autre sujet de plainte qui souvent perturbe réellement nombre d’entre nous.
Le point important est de faire remonter ces émotions d’insatisfaction et de critiques que nous pourrions avoir, etc., afin de pouvoir les gérer, les clarifier et ne pas être entravés par elles. Si nous ne les gérons pas réellement, elles peuvent miner notre attitude envers le maître. En comprenant cela, le Cinquième Dalaï-Lama est un très bon psychologue. Quand on se concentre sur les bonnes qualités du maître, cela ne veut pas dire que nous sommes dans le déni total des défauts. Ce n’est pas sain. Si le maître est honnête à propos de ses défauts, cela aide aussi. Nous chassons ces inexactitudes conventionnelles. Nous devons vérifier si dans notre façon de penser il y a quelque chose de vrai ou non à ce propos. Y a-t-il une autre évidence de ce défaut ? Le maître donne-t-il beaucoup de temps à un autre étudiant, et pas à nous ? En fait, peut-être que nous ne sommes pas aussi réceptif que l’autre étudiant. Cela peut être dû à nous. Nombre d’entre nous imaginons que nous sommes des Milarépas alors que nous ne le sommes pas.
Un autre exemple serait de penser que le maître ne comprend pas une chose alors qu’en fait il la simplifie pour quelle soit plus facile à comprendre pour nous. L’inexactitude est due à notre projection. Nous pensons que le maître est stupide parce que notre maître l’explique à un niveau aussi simple. En vérité, le fait est qu’il la comprend beaucoup plus profondément, mais il n’y aurait pas moyen pour nous de la comprendre s’il l’expliquait au niveau où il la comprend, il la simplifie donc pour nous. Ainsi, il s’agit de notre projection.
Un très bon exemple est quand nous écoutons un maître tibétain qui ne parle pas très bien l’anglais : il s’explique en anglais, et nous en concluons que ce qu’il dit révèle tout ce qu’il sait. Mais si nous connaissions le tibétain, si nous parlions avec lui en tibétain et écoutions la façon dont il enseigne en tibétain, sa langue maternelle, nous aurions une image totalement différente de la personne et de son niveau de compréhension, son niveau de capacité à s’exprimer lui-même, etc. C’est notre projection qui nous fait mal juger ses qualifications en tant que maître. Cela, à mon avis est très important pour ceux d’entre nous qui ont des maîtres tibétains qui enseignent dans un mauvais anglais. Nous avons un aperçu de la manière dont ils parlent vraiment dans leur langue maternelle quand il enseignent à leur propre peuple.
D’autre part, nous devons méditer sur la manière dont même les défauts conventionnels précis qu’a le maître sont dépourvus d’existence en tant que fautes inhérentes. Penser que le maître n’est pas bon, de façon inhérente, n’est pas possible. Nous devons voir que ces défauts surgissent de causes et de conditions. Ils ne font pas partie de sa nature-de-bouddha, et ceux-ci peuvent être éliminés. Le maître travaille à les éliminer, etc. Il est très important de réfléchir en fonction de ce qui est conventionnellement exact et également en fonction de la vérité conventionnelle et de la vérité la plus profonde des défauts. La nature de l’esprit est pure de ces choses.
Après avoir fait cela, il peut alors être utile, bien que le Cinquième Dalaï-Lama ne le dise pas, or je pense qu’il est très utile de la placer là, de passer par la même procédure au sujet de nos propres défauts en tant qu’étudiant ou disciple. Il existe une longue liste de qualifications d’un disciple adéquat. Sommes-nous vraiment à la hauteur de l’image de quelqu’un qui peut tirer le meilleur parti d’un maître spirituel pleinement qualifié ? Avons-nous les qualités ne serait-ce que du petit chien de compagnie du maître spirituel ou celles d’un disciple approprié ? Assurément, nous avons celles du disciple adéquat. Un disciple qualifié peut tirer un bien plus grand bénéfice du maître spirituel que le chien. Le maître et le chien peuvent tous deux avoir une relation proche. De fait, le maître pourrait être plus affectueux avec le chien qu’avec nous.
L’étudiant, avant tout, doit être réceptif au Dharma. Un grand maître Sakya, Sonam Tsemo (bSod-nams rtse-mo), a écrit dans un texte intitulé La Porte d’entrée du Dharma (chos-la ‘jug-pa’i sgo) que nous devons en premier reconnaître nos propres défauts et, en second, avoir un souhait puissant de les surmonter. Ce sont là des points très importants. En vérité, il s’agit de tout le but du renoncement, n’est-ce pas ? Cependant, nous sommes nombreux à ne pas vouloir être honnêtes avec nous-mêmes et ne pas voir quels sont nos défauts. Même si nous reconnaissons que nous les avons, nous voulons marchander, et ne pas les abandonner, et juste acquérir de bonnes qualités. Non seulement nous devons avoir le souhait puissant de nous en débarrasser mais aussi la volonté de nous en débarrasser.
La troisième chose dont nous avons besoin pour être réceptif au Dharma est une certaine connaissance du Dharma. Nous devons avoir une certaine croyance fondée sur une certaine connaissance que le Dharma va nous offrir une méthode pour surmonter ces problèmes, pas juste une croyance aveugle s’appuyant sur le fait de n’avoir jamais entendu parler du Dharma. Nul besoin que ce soit une connaissance profonde, mais au moins celle d’avoir une certaine idée de ce qu’est le Dharma. Sans quoi, pourquoi voudrions-nous approfondir le sujet ?
Le grand maître indien, Aryadeva, pointe du doigt les qualités de base du caractère du disciple quand il dit : « La première est d’être honnête et impartial. » « Honnête », comme déjà dit, consiste à être honnête à propos de soi-même, de nos défauts, de nos bonnes qualités, etc. « Impartial » signifie ne pas être partial en étant très sectaire au sujet des enseignements du Bouddha ou de nos croyances personnelles. Autrement dit, nous devons être ouverts d’esprit, désireux d’apprendre, sans idées préconçues, et être honnêtes avec le maître, ne faisant pas semblant comme si nous essayions de nous afficher et de nous vendre comme un bon disciple. Nous voyons le maître arriver, et soudainement, nous nous asseyons formellement en méditation dès que le maître est en vue, jouant une comédie.
L’impartialité fait référence, par exemple, quand nous apprenons quelque chose de nouveau et que cela a du sens pour nous, et que nous voyons alors en conséquence que notre ancienne attitude ou notre vieille croyance était absurde, au fait de vouloir laisser tomber cette ancienne croyance. Ce n’est pas facile. Combien désireux de changer sommes-nous ? Pour suivre le Dharma, nous devons être très courageux parce que nous avons réellement besoin de vouloir changer, de grandir, de nous développer, ce qui veut dire abandonner de vieilles habitudes inutiles ainsi que des façons de penser et d’agir. C’est cela être impartial, ouvert. Sans cela, réellement nous ne pouvons pas être un disciple adéquat. Nous devons être honnête à propos de tel défaut et travailler sur notre volonté d’abandonner certaines choses et non ces autres. Nous devons être un peu doux avec nous-mêmes, mais, ultimement, nous devons nous débarrasser de notre malhonnêteté et partialité ou réticence à changer.
Shantideva le dit très joliment. Il dit que dans le cas de tous les autres ennemis, si nous les traitons très gentiment, et que nous dépendons d’eux, etc., ils nous aideront peut être à devenir plus heureux. Cependant, dans le cas des émotions perturbatrices, si nous dépendons d’elles et sommes en quelque sorte indulgents avec elles, en retour tout ce qu’elle font, c’est de nous causer plus de souffrance et de douleur. Pour ce qui est d’être gentils avec nous-mêmes, si nous essayons d’aller trop vite et abandonnons absolument tout nos défauts, alors, souvent, nous ne sommes pas capables de gérer cela et nous rechutons très vite parce que nous nous rebellons. C’est trop. Donc, mieux vaut aller pas à pas, étape par étape. Les gens qui étudient le Dharma pendant trois mois et qui veulent ensuite se faire ordonner, devenir immédiatement moine ou nonne, c’est très dangereux. Ils ne durent habituellement pas. Nous devons donc regarder nos propres défauts et les gérer plus progressivement.
Dans la liste donnée par Aryadeva, la deuxième chose après être honnête et impartial est que nous devons avoir du bon sens. Nous avons besoin de discernement et de sens commun entre ce qui a du sens et ce qui n’en a pas, et ne pas se contenter de croire aveuglément. L’exemple qu’on donne est de savoir quand « porter des vêtements chauds ». Nous savons que nous devons porter des vêtements chauds en hiver quand il fait froid, et non en été. Nous faisons usage de bon sens. Le disciple doit avoir du bon sens. Si nous abandonnons tous les processus de réflexion, et nous disons à nous-mêmes : « Ohhh, Lama sait », c’est la porte ouverte aux abus. La troisième qualité est d’avoir un intérêt vif et sincère pour le Dharma et d’être diligent avec notre intérêt. Nous ne devrions pas être juste un touriste du Dharma ou un dilettante. Nous sommes sincères. C’est très important. Être sincère à propos du Dharma.
En résumé, il est très important d’être mature à propos du Dharma, de nous-mêmes et du maître, et d’avoir un certain niveau de stabilité émotionnelle en nous. Si nous avons réellement de profonds problèmes psychologiques, nous ne sommes pas prêts à prendre le médicament du Dharma. Au lieu de cela, nous devons commencer par quelque chose qui va nous aider à être prêt, que ce soit une cure psychiatrique professionnelle, un traitement médical, peu importe. Quelqu’un de vraiment très perturbé, s’il essaie de pratiquer le Dharma, il est vraisemblable que cela le perturbe encore plus. Nous ne pouvons pas amener un schizophrène à un cours et nous attendre à ce qu’il guérisse miraculeusement.
J’ai oublié quel guéshé Kadampa a dit ça, mais l’un d’eux a dit que si un étudiant se présente qui a bon caractère et est très sincère, peu importe qu’il ne soit pas très intelligent. Nous devrions l’accepter comme notre disciple. S’il n’apprend pas, c’est de notre faute, en tant que maître, de ne pas être suffisamment habile. Si un étudiant se présente qui est très intelligent mais très arrogant et étroit d’esprit, ne soyez pas d’accord pour l’enseigner dans la mesure où il n’est pas un disciple approprié. Il n’est pas réceptif. C’est très utile, en particulier si nous ne sommes pas la personne la plus intelligente au monde. C’est au maître d’être assez habile pour enseigner quelqu’un qui demande un petit peu plus de temps pour comprendre. Si quelqu’un est sincère, avec un bon caractère, désireux d’apprendre et le voulant, alors c’est au maître d’être habile. Si le maître ne peut gérer la situation, alors l’étudiant devrait aller vers un autre maître. Si le maître ne peut vraiment pas gérer notre lenteur, si le maître s’impatiente et crie après nous, etc., alors ce n’est pas le maître qu’il nous faut. Si nous sommes paresseux, c’est autre chose. Nous avons besoin alors de quelqu’un de strict.
Après avoir reconnu les défauts de notre maître, nous passons par la pratique de reconnaître nos propres défauts, nous servant à nouveau du même processus – ne les exagérant pas mais étant précis et honnête – puis en les considérant également comme n’étant pas des fautes inhérentes en nous. Nous reconnaissons que ces choses peuvent être surmontées. La nature de l’esprit, la nature-de-bouddha, est pure. Mais les défauts ne vont pas s’en aller d’eux-mêmes, nous devons travailler dessus et les voir comme des produits de la loi de cause et d’effet. Voir que ce ne sont pas des fautes inhérentes en nous, soit dit en passant, est très important, si nous avons une piètre estime de soi fondée sur nos défauts.
Puis, nous pouvons suivre une procédure similaire, bien qu’une fois encore ce ne soit pas dit dans le texte du Cinquième Dalaï-Lama, elle est suggérée indirectement ici, et je pense qu’il est très utile de faire la même procédure avec les bonnes qualités. Ici, je dirai juste à partir de ma propre maigre connaissance de la psychologie qu’il vaut mieux commencer par nos propres bonnes qualités avant celles de notre maître et de se demander, quelles sont-elles ? Qu’est-ce qui est conventionnellement exact à leur propos ? Retranchez les exagérations et veillez à ce que nous ne les grossissions pas. Puis, voyez-les comme n’étant pas de grandes merveilles en soi. Nous voyons qu’elles proviennent de causes et d’effets, soit dans cette vie ou de vies antérieures.
Puis, faites la même chose avec les bonnes qualités du maître. Qu’est-ce qui est exact à leur propos ? De nouveau, notez que ce ne sont pas des merveilles inhérentes. Même le Bouddha Shakyamouni a dû accumuler les causes. Il est dit très clairement dans les textes qu’il n’était pas né ainsi. Quand le Bouddha est devenu illuminé, il a dû y travailler tout comme nous.
Voyez-vous, pour nous en Occident, la plupart d’entre nous souffrons d’un manque d’estime de soi, ce qui est, de bien des façons, encouragé par notre héritage culturel. Dans ce cas, si nous avons commencé en nous focalisant sur nos propres défauts avant ceux du maître, nous nous sentirons encore plus mal à notre sujet. Donc, en ce qui concerne les défauts, nous devons voir que même notre maître a des défauts puis considérer que nous aussi en avons.
Par ailleurs, si nous devions nous concentrer d’abord sur nos propres défauts et immédiatement après sur les bonnes qualités du maître, nous pourrions penser : « Ah, le maître est tellement merveilleux, et je suis si horrible. » Au lieu de cela, après avoir reconnu nos propres défauts, nous nous focalisons immédiatement sur nos propres points forts, et cela nous aide à ne pas nous sentir mal. Alors, nous voyons que nous avons ces bonnes qualités et que notre maître en a encore plus.
Je pense que d’un point de vue psychologique, cet ordre a du sens. D’abord les défauts du maître, puis nos propres défauts, ensuite, nos propres bonnes qualités puis les bonnes qualités du maître. C’est la raison pour laquelle j’ai recommandé de procéder ainsi. Cela complète ce que l’on trouve dans le texte tibétain. Le texte tibétain dit juste de considérer les défauts du maître. Il est de tradition dans les études bouddhiques que les textes plus anciens soient plutôt brefs. On est toujours encouragé à mettre ensemble tous les enseignements du Dharma. Ils s’intègrent et se complètent tous. Atisha a souligné ce point très fortement. Quand on essaie de compléter ces textes plus courts, alors nous le faisons avec des choses tirées d’autres aspects des enseignements. C’est ce que je fais ici.
Développer l’attitude appropriée envers le maître spirituel
Puis, après avoir passé en revue les défauts du maître et nos défauts, ainsi que nos bonnes qualités et celles du maître, nous nous concentrons alors sur les bonnes qualités du maître. Quand on parle de l’attitude appropriée envers le maître spirituel, les textes parlent toujours de deux aspects de cette dernière. L’une est la croyance (mos-pa, la ferme conviction) en les bonnes qualités et la seconde est l’appréciation (gus-pa) de la bonté du maître. Nous devons comprendre ce que le mot « croyance » veut dire, et ici nous avons un problème en allemand car le mot allemand pour croyance et foi « Glaube » est le même [contrairement à l’anglais et au français]. Nous ne voulons pas dire « foi ». J’expliquerai la différence.
Croyance en les bonnes qualités de notre maître
Ce dont on parle ici est la croyance en ce qui est vrai (dad-pa), ou croyance en ce qu’est un fait. « Foi » est habituellement utilisé, du moins en anglais, pour dire la foi aveugle. On ne parle pas de croire au Père Noël. Ce n’est pas un fait. Ou en la croyance qu’il va pleuvoir demain. Nous ne le savons pas vraiment. Il s’agit d’un pari, au mieux d’un pari appris. Nous parlons de la croyance en ce qui est un fait. La Terre est ronde. Le mot sanskrit et tibétain veut dire cela. Il ne possède pas ces autres sens qu’ont nos mots occidentaux pour « croyance ». D’autre part, on parle de croyance en une chose qui peut être connue et qui est un fait. On ne parle pas de croyance en Dieu, lequel, en réalité, ne peut être connu. Pour croire en Dieu, nous devons effectuer un saut de foi. Que pouvons-nous véritablement savoir de Dieu ? Dieu est inconnaissable. C’est juste une croyance fondé sur ce saut de foi.
Les textes parlent de trois différentes sortes de croyance en les faits. Ici, on parle spécifiquement de la croyance que le maître possède vraiment les bonnes qualités qu’il ou elle possède véritablement. On ne parle pas de la croyance que le maître possède des qualités qu’il n’a pas, ou qu’il ne possède pas ce qu’il a. C’est du fantasme.
Je traduis le premier type de croyance en ce qui est un fait par « croyance lucide (dang-ba’i dad-pa) ». Le mot tibétain est juste le mot « clair ». Ce qu’il signifie, c’est un genre de croyance en ce qu’est un fait, lequel nettoie nos esprits des attitudes perturbatrices à son sujet. C’est ce que nous avons accompli dans l’étape précédente. Nous ne sommes pas naïfs à propos de ces qualités, nous n’avons pas de piètre estime de soi, « oh, le maître est si grand, et je suis si petit et si stupide ». Nous avons nettoyé nos esprits de ces émotions perturbatrices, comme d’être en colère parce que le maître a des défauts, ce genre de choses. Nous avons débarrassé l’esprit de ce fatras, en sorte que nous croyons maintenant en ce qu’est un fait avec un esprit et un cœur clair et calme. Ceci est très important. On l’effectue en passant en revue les défauts et en voyant ce qui est vraiment vrai et ce qui ne l’est pas. Nous ne sommes ni naïfs, ni jaloux, ni arrogants au sujet de notre propre maître, « je vaux beaucoup mieux que le maître ». Nous devons chasser toutes ces choses : la jalousie, l’arrogance, etc.
Ensuite, quand ces qualités sont parfaitement claires, celles que le maître possède, sans exagération, nous renforçons alors notre croyance grâce à ce qu’on appelle la « croyance confiante » (yid-ches-kyi dad-pa, croire un fait fondé sur la raison). La croyance confiante est fondée sur la raison, et nous réfléchissons donc au processus par lequel le maître spirituel a acquis ces qualités : à savoir toutes les études et les retraites qu’il a faites, la relation avec ses maîtres, etc. Par ailleurs, tout ce qui démontre qu’il a ces bonnes qualités nous le déduisons de ses actes, des effets positifs qu’ils ont sur d’autres étudiants, de leurs effets positifs sur nous. Être avec lui n’augmente pas nos émotions perturbatrices mais les diminue. Dans ce sens, nous avons une croyance confiante fondée en considérant la cause et l’effet, les causes qui ont fait advenir ces bonnes qualités, et les effets que ces bonnes qualités ont sur le comportement du maître et sur les autres. C’est un fait. Il s’est appuyé sur ses maîtres. Ses relations avec ses propres maîtres sont très importantes. C’est sur la base de leurs relations qu’il a développé ses qualités. Cette croyance confiante est bénéfique du fait qu’elle est libre de fantasmes et d’émotions perturbatrices, et d’être enfermée dans la croyance. Sans quoi, il s’agit juste d’adoration aveugle de notre propre projection essentiellement, et cela n’aide pas. D’une certaine façon, c’est la porte ouverte à une grande déception.
Le troisième type de croyance en ce qu’est un fait est appelée « croyance en ce qu’est un fait dotée d’une aspiration (mngon-’dod-kyi dad-pa) », laquelle croyance possède un souhait ou une aspiration. Parce que nous avons réfléchi à la manière dont le maître a atteint ces qualités, nous nous concentrons maintenant sur la croyance en le fait que ces qualités sont une chose qui peut être atteinte, et sur la conclusion que nous pouvons les atteindre nous-mêmes. Telle est l’aspiration : le fait qu’avec une pleine croyance confiante nous atteindrons ces qualités, que nous travaillerons à réaliser ces qualités nous-mêmes afin d’être bénéfique à tout le monde comme notre maître est bénéfique aux autres. Donc, ce n'est pas juste la croyance que le maître possède ces qualités, mais la croyance que nous pouvons les atteindre, et la croyance que nous les atteindrons si nous y travaillons. Nous sommes confiants dans le fait que nous allons le faire et que nous ne nous leurrons pas juste nous-mêmes. Nous pensons que c’est grâce à votre aide, Ô maître, grâce à votre inspiration que nous le ferons.
Nous concluons ceci en nous concentrant et en laissant cette ferme conviction dans le maître se fondre en nous. Il y a un aspect de la confiance dans le maître qui surgit en se fondant sur la réalité de la situation, etc. En se focalisant sur tous ces sentiments que nous avons évoqués ici et en les laissant réellement se fondre en nous, les digérant, les intégrant, cela nous donne un sentiment très fort de confiance et de force. Nous savons ce que nous faisons, et nous le faisons sur des bases très solides avec confiance et conviction. Le mot utilisé (mos-pa) signifie un type de croyance en les faits dotée d’un aspect décisif qui ne peut être influencé. Peu importe ce que dit quelqu’un d’autre, nous avons très, très bien examiné la chose. C’est seulement quand nous n’avons pas bien examiné et que quelqu’un nous dit quelque chose à propos du maître que nous commençons à douter de lui. Si nous avons très bien examiné, alors nous savons quels sont les défauts du maître, et notre confiance et conviction en le maître sont sûres.
J’ai essayé d’expliquer cela un petit peu dans ma première conférence, avec simplement l’exemple de ma propre expérience avec Serkong Rimpotché au cours de deux vies et en n’étant pas naïf sur ce que sont ses qualités maintenant à l’âge de vingt ans et certainement pas sur ce qu’elles étaient quand il avait quatre ou huit ans. Mais j’ai confiance et conviction dans la manière dont il se développe en s’appuyant sur les instincts qui sont en lui, et dans la manière dont cette relation avec lui fonctionne et fait que je me sens guidé et, en un sens, protégé et assurément incroyablement inspiré par lui pas seulement dans cette vie, mais je peux le voir comme un processus à long terme jusqu’à l’illumination. Cela n’a pas juste commencé dans cette vie, de toute évidence, et cela continuera avec la ferme intention de continuer et d’accumuler les causes pour que la relation avec le maître perdure.
Dévotion
Rappelez-vous dans la pratique en sept branches : « Conduisez-moi tout au long du chemin jusqu’à l’illumination. » Cela veut dire sur de nombreuses vies, n’est-ce pas ? Une relation qui se poursuivra. Chaque vie, bien sûr, aura une forme légèrement différente, mais nous sommes confiants que le maître nous guidera tout au long du chemin jusqu’à l’illumination. Il y a dans cela une prodigieuse quantité de force et de stabilité. Il est intéressant de penser au mot « dévotion ». Pour ce qui est de ma propre expérience personnelle, j’ai parlé quelquefois sur mon site en ligne d’une pratique équilibrée entre les aspects intellectuel, émotionnel et dévotionnel, et de la manière dont ils doivent s’harmoniser les uns avec les autres. Chez moi, il y a une pratique équilibrée de l’intellectuel et de l’émotionnel, mais pour ce qui est du côté dévotionnel, j’ai toujours pensé qu’il était faible en moi. Je n’aime pas le rituel. Je n’aime pas le côté « O Lama, Lama », imitant une veille Tibétaine ou me retenant d’expirer quand je suis en présence du maître, etc. Je trouve cela pas du tout à mon goût. Je pense donc que je ne suis pas très porté à la dévotion. Peut-être devrais-je équilibrer cela.
Mais un de mes étudiants très proche m’a fait remarquer que, en fait, je suis incroyablement dévotionnel en ce qui concerne ma dévotion à mes maîtres, ainsi que ma dévotion au site Internet, rendant le Dharma accessible au plus de gens possibles. Quand nous pensons à la dévotion, qu’est-ce que la dévotion veut dire réellement ? Veut-on dire par là adoration irréfléchie, en imitant les gens dans leur formalisme, en particulier venant d’une autre culture, ce qui est réellement assez stupide ? Ou est-ce que cela signifie cette très, très forte conviction et croyance en ce que l’on fait et en son maître, etc. ? Et donc j’essaie d’avoir désormais une vision différente sur ce que signifie réellement la dévotion. La base pour cela est le gourou-yoga.
Apprécier la bonté de notre maître à notre égard
À nouveau, il y a deux aspects au développement d’une attitude appropriée envers le maître spirituel : d’abord la croyance ou attitude, laquelle s’appuie sur un maître pour ce qui est de l’attitude, notre croyance dans les faits concernant les bonnes qualités du maître, enfin l’appréciation de sa bonté. Pour ce qui est de ce second aspect, nous notons la bonté du maître à notre égard et développons de l’appréciation pour elle. Je pense que nous pouvons insérer là une étape similaire à ce que nous avons fait à propos des qualités du maître, et ramener à l’esprit nos sentiments de son manque de bonté, le fait qu’il n’ait pas été réellement bon avec nous, et examiner ce qu’on appelle techniquement la « régression dégénérative », ce qui signifie la régression vers « ma maman et mon papa ne m’aiment pas assez », ce genre de sentiment, ou dans le sens de « personne ne m’aime » qui pourrait surgir là. Nous notons qu’à ce stade nous projetons de la régression, nous revenons à quelque chose du passé et c’est dégénératif et nous ne faisons pas cela de manière positive. Nous faisons cela d’un façon très autodestructrice.
Nous essayons de ramener cela à la surface et de le chasser de telle sorte que ces inexactitudes conventionnelles et l’exagération du comportement de notre maître – le fait de penser : « il ne m’aime pas vraiment, et s’il m’aimait vraiment, il passerait tout son temps réellement avec moi » – puissent être éliminées. Combien puérils pouvons-nous être ! C’est comme si nous étions jaloux de notre nouveau petit frère ou de notre nouvelle petite sœur quand ils sont bébés. Il s’agit de régression dégénérative, et beaucoup d’entre nous en font l’expérience. Nous n’en sommes pas très conscients, mais ces sentiments puérils remontent et nous devons les chasser.
Nous nous concentrons sur les faits précis de la bonté du maître, sur ce qu’il a fait pour nous, sur la manière dont il a agi envers nous, et nous nous concentrons aussi sur la manière dont il a été dans le passé. Il s’agit du niveau le plus profond d’appréciation : dénué d’indication comme quoi il est indélicat et cruel de façon inhérente, ou comme quoi il n’a pas passé tellement de temps avec nous, etc. « Mon gourou n’a pas été gentil avec moi. Il m’a réprimandé. Il m’a traité d’idiot tout le temps », ce qui était le cas. J’aurais pu penser : « Bon, il ne m’aimait pas. Je ne lui plaisais pas. Il était cruel », etc. Eh bien, le fait est qu’il me réprimandait, mais c’était très gentil de sa part. Cela n’indique pas qu’il était de façon inhérente une personne cruelle qui courait en criant après tout le monde. Il ne faisait pas cela avec les autres. « Pourquoi crie-t-il toujours après moi et pas après les autres ? » Pas de ce genre de pensée régressive, non plus.
Puis, nous devons nous concentrer sur les vraies manières dont il a été bon. Ici, il est très important de se rappeler que les gens parfois font montre de bonté d’une manière autre que celle que nous pourrions normalement reconnaître et vouloir. C’est important non seulement avec le maître spirituel, mais avec les membres de notre famille, les parents en particulier, et les amis, etc. Les gens font montre de bonté de beaucoup de manières différentes. Un de mes amis psychologue se sert d’une analogie pour cela, qui est que les gens de pays différents utilisent des monnaies différentes. Nous devons être prêts à accepter des monnaies étrangères et à reconnaître qu’il s’agit d’argent. S’ils nous paient en francs suisses, en euros, en dollars, en livres, ou en zlotys polonais, que nous pourrions ne pas réellement considérer comme de l’argent, nous les acceptons malgré tout.
Quelquefois, en particulier les Asiatiques, ou spécialement les figures paternelles d’Asie, montrent leur amour de manière très différente de ce à quoi nous pourrions nous attendre ou de ce que nous pourrions vouloir, comme le fait d’être très stricts avec nous. Mais s’ils ne nous aimaient pas, ils ne prendraient pas soin de nous, ils ne feraient rien. Ils veillent en fait à notre bien-être, en travaillant, dans le cas du père, pour gagner assez d’argent pour subvenir à nos besoins. Cela pourrait ne pas être affectueux, mais ce n’est pas de cette façon que cette personne montre son amour. Nous devons reconnaître avec quelle monnaie elle nous paie et ne pas nous contenter de l’accepter mais également de l’apprécier. Telle est l’émotion que nous voulons développer ici. Évidemment l’idéal est que nous puissions le faire du vivant de cette personne, et que nous soyons toujours en relation. Parfois cela se produit seulement plus tard après leur trépas, mais il est très important de passer par cette phase et de reconnaître et apprécier leur bonté.
Quelle que soit la bonté qu’ils montrent, nous essayons aussi de ne pas l’exagérer comme une faveur inhérente, et de penser comme il est merveilleux qu’ils fassent cela. D’autre part, si nous jugeons cela pertinent, nous pouvons nous concentrer sur nous comme dépourvus de défauts congénitaux inhérents qui, de par leurs pouvoirs, nous rendraient inhéremment indignes de bonté ou d’amour. Cela arrive souvent avec une mauvaise estime de soi. « Je suis une si mauvaise personne, de manière inhérente, que je ne mérite pas d’être aimée, et je ne mérite aucune bonté. » C’est lourd, et certainement cela empêche une relation saine et correcte avec un maître spirituel.
Nous devons appliquer notre compréhension du vide à de telles choses. Il n’y a rien d’inhérent dans cela qui nous rende ainsi. Ou le contraire : « J’ai une telle valeur et je suis tellement merveilleux que tout le monde devrait m’aimer et me louer tout le temps. » On peut parler d’un autre extrême également. « Je suis tellement spécial que je devrais être le centre de l’attention. Je peux monopoliser toute la classe en posant constamment des questions et en ne laissant personne d’autre en poser. Mes questions sont de la plus grande importance. » Beaucoup de gens souffrent de cela également. Ils se mettent en avant. « Le maître arrive ; le maître devrait me regarder et me voir, et en particulier me voir en train de me prosterner ! »
En faisant cela, nous essayons de nous focaliser sur la réalité de la bonté que nous avons reçue du maître. Nous passons par ce processus que je viens juste d’expliquer, et le faisons se produire de manière lucide, pareille à la croyance lucide dans les faits. Nous ne devrions pas être fiers ni jaloux que le maître ait été bon avec d’autres, et ne pas nous y attacher ni l’exagérer, ni être naïfs à ce sujet ou en colère de ne pas avoir eu suffisamment de bonté. Nous devons avoir une compréhension lucide et bienveillante de la chose, et cela repose sur l’évidence de ce que nous avons vu et sur ce que les autres ont vu.
Le sentiment que nous en retirons est une appréciation bienveillante de la bonté. Ce qui ressort de ce sentiment est un amour plein de respect. C’est une forme très stable d’amour respectueux, non un sentiment hyper-émotionnel plutôt instable en vérité. Si nous l’examinons objectivement, un respect instable est assez perturbant, en particulier quand notre maître n’est plus là. Puis, comme nous l’avons fait avec la croyance en les bonnes qualités du maître, nous laissons ce sentiment de bienveillante appréciation et d’amour respectueux se fondre en nous de manière résolue.
Avec cette ferme conviction dans les bonnes qualités, ainsi que la confiance, l’appréciation et l’amour respectueux pour le maître, l’étape suivante consiste maintenant à faire la requête d’inspiration. Nous faisons des requêtes, non pas pour avoir une Mercedes-Benz et ce genre de choses, mais nous faisons une requête particulière pour recevoir l’inspiration. Habituellement, on traduit cela du tibétain par : « Accordez-moi, s’il vous plaît, vos bénédictions », ce qui est beaucoup trop chrétien ; ce n’est pas la connotation dont on parle dans le bouddhisme. Inspirez-moi, et non seulement cela, mais inspirez-moi pour que je m’applique. « Inspirez-moi pour développer la bodhichitta. Inspirez-moi pour que j’aie l’esprit clair afin que je comprenne les enseignements. Inspirez-moi par votre exemple pour que je me prenne au sérieux quand vous me prenez au sérieux. »
On ne peut réellement se sentir inspiré par le maître que si on a développé auparavant cet état d’esprit et de cœur, un état de confiance, de conviction, d’appréciation, d’amour respectueux, etc. C’est sur cette base que l’on ressentira véritablement quelque chose en termes de respect. Sinon, le reste de la pratique est juste une visualisation de lumières. C’est distrayant mais cela ne nous émeut pas de façon profonde, en aucune façon.
Quand nous faisons la requête de cette inspiration, nous imaginons alors la recevoir, et au niveau soutra, nous pouvons visualiser qu’elle pénètre dans notre cœur. Elle entre en nous sous forme de lumière blanche ou jaune ; de lumière blanche afin de diminuer nos défauts tels qu’une faible énergie ou de la lourdeur, et de lumière jaune pour stimuler nos bonne qualités. L’important est de ressentir quelque chose, pas simplement de visualiser quelques lumières – c’est banal – mais faire cette pratique avec cette représentation graphique de lumières nous aide à plus la ressentir. Sinon, c’est un petit peu trop vague. Le bouddhisme, en particulier le bouddhisme tibétain, fait grand usage des pouvoirs de l’imagination. C’est un outil très important que nous avons.
Par exemple, nous voulons l’inspiration pour nous débarrasser de notre faible énergie et la purifier grâce à la lumière blanche et ensuite pour développer une énergie élevée et accroître nos bonnes qualités grâce à la lumière jaune. La lumière blanche élimine l’énergie faible et la lumière jaune augmente l’énergie plus élevée, plus forte, plus stable. La lumière blanche apaise l’énergie nerveuse, la lumière jaune délivre de l’énergie positive.
Les visualisations
Si nous pratiquons au niveau du tantra, à ce stade, nous pouvons ajouter les visualisations et les pratiques du niveau tantra. Il s’agit d’un type de pratique standard faite avec des figures-de-bouddha et des yidams aussi bien, laquelle consiste à imaginer que de la lumière blanche émane du chakra de la couronne ou du front du maître vers notre front ou chakra de la couronne et nous inspire pour développer toutes les bonnes qualités du corps : le comportement et les actions du maître. Puis, de la lumière rouge émanée de sa gorge vient à notre gorge pour développer ses bonnes qualités de la parole. Puis, de la lumière bleue émane de son cœur vers notre cœur pour développer les bonnes qualités de l’esprit. Enfin, les trois ensemble, afin que toutes s’intègrent harmonieusement.
Nous pouvons faire ce genre de visualisation avec toutes les classes de la pratique du tantra. Si nous pratiquons l’anuttarayoga tantra, la plus haute classe de tantra, alors à ce stade nous pouvons aussi imaginer que nous recevons les quatre initiations qui font parie de n’importe quelle initiation anuttarayoga de la part du maître spirituel. Ceci peut être fait de différentes façons plus ou moins élaborées. Nul besoin d’entrer dans tous les détails à ce propos, mais cela peut se faire de manière plutôt élaborée. Nous pouvons aussi imaginer qu’une réplique du maître se dissout en nous et que nos qualités deviennent unes avec le maître. Autrement dit, nous pouvons la compléter de cette façon.
Si nous faisons cette pratique avec les initiations ou « transmissions de pouvoir », traduction que je préfère à celle d’ « initiation », ce n’est pas que nous n’ « initiions » rien mais qu’il s’agit d’une transmission de pouvoir. Tout l’enjeu d’une telle pratique est qu’elle active et renforce ou donne plus de pouvoir aux potentiels de notre nature-de-bouddha en sorte qu’ils soient pleinement actualisés et réalisés. C’est tout ce à quoi servent les initiations, à savoir stimuler la croissance des potentiels de la nature-de-bouddha, et nous reprenons les transmissions encore et encore grâce au gourou-yoga, en recevant véritablement les transmissions, etc. Ce n’est pas fait juste pour commencer [la pratique], puis on les oublie et on n’en a plus besoin.
Dans le tantra, on fait tout cela dans tous les cas, mais pour en revenir à la pratique du niveau soutra, ce qu’on trouve dans la description soutra, c’est qu’à la fin du processus, on imagine que le gourou, non pas grandeur nature, mais de petite taille, ce qui aide à la concentration, vient se poser sur le sommet de notre tête, regardant dans la même direction que nous et, en un certain sens, y demeure le reste de la journée comme témoin de notre comportement et de nos pensées, de notre manière de parler, de penser, d’agir et continue d’être une source d’inspiration pour nous, nous aidant à nous discipliner. Cela aide parce qu’un aspect très important de l’autodiscipline éthique consiste à penser : « Si mon maître était là, est-ce que j’agirais comme cela ? » Nous aurions honte d’agir, de parler et de penser d’une certaine façon si notre maître était présent. C’est d’une très grande aide pour nous qui sommes maintenant droits dans notre manière de penser et de nous comporter. Nous n’agirions pas comme un idiot devant notre maître car nous avons un tel amour respectueux pour le maître. C’est la raison pour laquelle ce sentiment est si important.
Se relier à un maître spirituel au cours de deux vies
Alors qu’il est difficile de mettre cela en mots, voici ce que j’essayais de décrire au sujet de ma relation avec Serkong Rimpotché. Il ne s’agit pas tout à fait de peur mais de stupeur mêlée d’admiration. Je suis tellement émerveillé par ses qualités et ai un tel respect, amour profond, et appréciation de sa personne, etc., comment aurais-je pu agir stupidement devant lui ? Et si, inconsciemment, non délibérément, j’agis comme un idiot, je pense ou dis : « Merci de me le faire remarquer. » À la fois avec lui dans le passé et dans le présent, mais c’était particulièrement le cas avec le Serkong Rimpotché du passé.
Mon comportement avec l’actuelle réincarnation prend très sérieusement en considération le fait qu’il était un enfant, et que maintenant il est un jeune homme. De bien des façons, je joue un rôle paternel avec lui car je m’occupe réellement de lui et essaie de veiller sur son bien-être, etc. Il le sait et l’apprécie. Il s’agit d’une dynamique très différente dans la relation à cause de la différence dans nos âges et nos expériences, et du fait que je me suis relié à lui en tant qu’enfant, il y a là un certain élément d’affection approprié à la relation avec un enfant. Non exagéré, mais approprié, tout en considérant qu’il est Tibétain, la culture d’où il vient.
Je le réprimande quand c’est nécessaire, mais d’une façon très douce. Ce que je l’encourage toujours à faire, c’est d’être un adulte et d’utiliser ses capacités à discerner ce qui est correct et ce qui est incorrect. Dans le cas d’un jeune Rimpotché, il est fréquent qu’il s’en remette trop fortement aux principaux assistants, et il n’est pas facile de faire la transition grâce à laquelle il devient le maître de la maisonnée. Il a l’âge approprié maintenant, 20 ans, où cela pose question, je l’aide donc sur ce point. L’ancien Serkong Rimpoché était très érudit dans la totalité des quatre traditions, et j’espère qu’il continuera cette tradition. Il est plutôt enclin à poursuivre les traditions de son prédécesseur, mais tout d’abord, il doit compléter son éducation Guéloug, ce qu’il fait avec un grand enthousiasme. Il aime ses études. Il ne perd pas son temps à traîner.
En tout cas, j’ai une admiration et un respect prodigieux pour le jeune Serkong Rimpotché, car il possède déjà des qualités et des capacités exceptionnelles. Par exemple, si je pense juste à sa discipline, il était quelque peu en surpoids, comme son prédécesseur qui lui l’était vraiment. C’était dû non seulement à son manque d’exercice, mais aussi à sa diète. Un autre ami occidental et moi-même lui fîmes la remarque qu’il devait faire quelque chose à ce propos. Il répliqua que nous avions raison et alors il changea non seulement ses habitudes de nourriture mais commença un régime d’exercices physiques quotidiens et perdit 17 kilos. Stupéfiant.
Une fois, son maître lui conseilla de faire une retraite de méditation sur une certaine déité tantrique, qui requérait de réciter un long mantra 100.000 fois. Il boucla la chose en juste trois jours, pratiquant depuis son réveil jusqu’au coucher. Une fois, je lui demandais ce qu’il aimerait, et à nouveau, ce qu’il voulait ? Il voulait une session de débat de toute une nuit. C’était son idée, et ce fut la plus grande chose que je l’aidai à organiser. Il ne dort pas beaucoup. Généralement, le matin, nous devons faire toute la mémorisation, car l’esprit est au mieux le matin pour mémoriser et réciter ce que nous avons mémorisé.
Donc, en général, il se lève entre cinq et six heures. S’il y a une pouja, il doit se lever autour de 4 : 30, car toutes les poujas au monastère commencent à cinq heures. Mais, sinon, il se lève généralement à 5 : 30, six heures, quelque chose comme ça. Une fois revenu chez lui du terrain de débat vers onze heures du soir ou minuit, il fait alors toutes ses pratiques, ses engagements, ses méditations et il ne va pas dormir avant une ou deux heures du matin, il a donc régulièrement quatre ou cinq heures de sommeil. C’est plutôt bien pour un adolescent, si on considère combien ceux-ci dorment habituellement. Non seulement il aime débattre, mais ils font ces incroyablement longues poujas de cinq heures du matin jusqu’à dix heures du soir pendant trois ou quatre jours. Je lui ai demandé : « Qu’en penses-tu ? Est-ce que tu les aimes ? » Il les aime. Merveilleux. Cela me donne un incroyable espoir pour le futur.
Je devrais juste ajouter ceci. Ne pensez pas qu’il est sérieux tout le temps. Les lundis, ils n’ont pas de classes de débat ou de leçons, et ces jours-là il passera une ou deux heures à jouer à des jeux informatiques. Il a un ordinateur maintenant, je veux dire, il est encore un adolescent, un jeune homme, mais il en garde le contrôle, pas plus de deux heures et seulement le lundi. Il possède un équilibre certain.
En ce qui concerne l’ordinateur, il a appris comment s’en servir. À quoi l’utilise-t-il ? Il s’en sert pour préparer du matériel et des aides à l’étude pour ses compagnons de cours, des tableaux et des choses de ce genre. Je trouve merveilleux qu’il ait adopté la nouvelle technologie et s’en serve comme un moyen d’éducation pour aider les autres, pour aider ses camarades d’école. Il prend en charge les étudiants plus lents dans sa classe et ceux-ci viennent chez lui, et il leur sert de tuteur et les aide. Étonnant. Donc toutes ces qualités sont présentes. C’est la raison pour laquelle je dis que j’ai une très ferme conviction. La continuité de tous ces instincts est très claire : toutes ces habitudes de sa vie antérieure, alliées à un prodigieux sens de l’humour, etc., tout en étant totalement pratique, les pieds sur terre.
Compéter la méditation
Terminons la méditation, la méditation du gourou-yoga. Nous avons le gourou sur le sommet de notre tête. Il est le témoin de la journée tout entière. Ensuite, avant d’aller dormir, il y a deux variantes. L’une consiste à imaginer que la petite figure du gourou se loge dans nos cœurs et s’y dissout pendant que nous dormons, ce qui est beaucoup plus une pratique de style tantrique, mais elle est décrite également dans les textes du soutra, dans un esprit tantra, je suppose. L’autre variante est que le gourou devient grand, de taille humaine, et nous imaginons que nous dormons notre tête dans le giron de notre gourou, ce qui convient à ceux qui ont besoin d’un petit peu plus de réconfort et d’affection.
Cela me rappelle que Serkong Rimpotché, l’Ancien, aimait beaucoup les animaux, et il avait un certain nombre de chats et de chiens. La place favorite de ces animaux était sous son châle quand il enseignait, lovés dans son giron. Au milieu d’un enseignement ou quelque chose de ce genre, soudain une tête émergeait, et il y avait des rires car nous ne savions pas qui était là parce l’animal dormait, qu’importe. La tête émergeait et un animal sortait en marchant. Nous avions coutume de plaisanter, imaginant qu’une girafe ou un éléphant pourrait sortir de là tout aussi bien. Nous ne savions jamais ce qu’il y avait dans son giron sous son châle.
Le jeune Rimpotché aime aussi les animaux. Il a deux chiens. Ce qu’il y a d’extraordinaire avec ces chiens – je n’ai jamais rien vu de pareil – c’est que là où il vit en Inde du Sud, il y a des singes, et il y avait ce singe qui venait toujours jouer avec les chiens. Les chiens n’aboyaient pas après le singe. Ils jouaient avec le singe comme ils l’auraient fait avec un autre chien, et le singe n’avait pas peur. C’est extraordinaire. Je n’ai jamais rien vu de semblable. On se demande qui sont ces chiens !
Alors que je raconte des histoires sur la relation avec le maître sur une durée de deux vies, je devrais aussi mentionner que je n’ai pas beaucoup parlé de Ling Rimpotché, le tuteur senior. Je n’étais pas aussi proche de lui que je l’étais de Serkong Rimpotché, mais de nombreuses fois, j’ai traduit pour lui et étudié avec lui. Je n’ai pas été aussi proche de sa réincarnation que de celle de Serkong Rimpotché. Cependant, je suis allé le visiter non pas la dernière fois que je suis allé en Inde, mais la fois d’avant. J’étais là et nous parlions, et je ne l’avais pas vu depuis un certain nombre d’années. Il demanda à son assistant d’apporter du thé. Il apporta du thé ainsi que certains biscuits anglais qui sont ma marque favorite absolue de gâteaux dans le monde. Je pensais où diable se les est-il procurés et pourquoi me les présente-t-il, et il se contenta de me regarder avec cet air de dire : « Hahaha, tu ne crois pas au karma ? » Il y a ce genre de connexion. Comme je regardais avec étonnement ce paquet de biscuits anglais, il se contentait de me regarder. Il est également plutôt spécial et possède également bien des caractéristiques de l’ancien Ling Rimpotché.
Dédicace
Pour en revenir à la méditation, quand nous la faisons, nous terminerions, évidemment, par la dédicace de la force positive issue de la pratique, nous pourrions donc terminer ici de la même façon. Il serait plaisant d’avoir du temps pour plus de questions, mais je dois vraiment me rendre à l’aéroport. Bien entendu, il existe de nombreuses dédicaces, mais une qui est très bonne et agréable après la méditation sur le maître spirituel est :
« Puisse le legs positif que j’ai acquis et appris du maître, issu des bonnes qualités et de la bonté du maître, s’intégrer au réseau de mes bonnes qualités, de ma force positive, de ma conscience profonde, puisse-t-il s’intégrer à tout cela. Puisse-t-il mûrir et affecter mon comportement afin que je puisse transmettre ce legs à d’autres et les aider à réaliser le bien-être émotionnel, de meilleures renaissances, la libération et l’illumination pour le bien de tous. »
Nous pouvons faire une dédicace similaire. « Puisse cela s’intégrer à moi afin de le transmettre. Non seulement puissé-je devenir comme le gourou mais aussi transmettre ce legs aux autres. » Bien entendu, nous prions toujours aussi pour que nous et tout le monde puissions être guidés par des gourous pleinement qualifiés, et puissent les gourous jouir d’une longue vie, de la santé, etc.